Le Quotidien nous annonce aujourd'hui les résultats d'une enquête menée par l'Office National de la Famille et de la Population (ONFP) sur les jeunes tunisiens et la drogue. Cette étude, menée auprès de 353 lycéens et collégiens âgés de 15 à 20 ans, nous apprend que pas moins de 68% des élèves interrogés ont avoué avoir consommé le cannabis, dit "zatla". 31 % d'entre eux ont consommé d'autres substances psycho-actives. Ces chiffres, surtout le premier, sont étonnants! Car nous savons tous la dureté de la loi tunisienne envers la consommation de drogue, et nous avons tous entendu un jour l'histoire de tel ou tel jeune (ou moins jeune) qui a été attrapé et mis en prison pour de tels actes. La repression est si forte que le sujet en est devenu presque tabou en Tunisie. Et pourtant, cette étude nous apprend qu'environ les 3/4 des jeunes constituant l'échantillon de l'enquête ont consommé de la "Zatla", et ce malgré leur jeune âge et la loi repressive! N'est ce pas là la preuve de l'échec de la politique de la lutte contre les drogues en Tunisie? La repression, à elle seule, ne suffira pas à venir à bout de ce problème. Il faut surtout casser le tabou et rompre le silence sur ce sujet, et informer les plus jeunes sur les risques d'addiction encourrus suite à la consommation des drogues. Les parents ont aussi un grand rôle à jouer, et qui est celui d'en parler avec leurs enfants et de les surveiller. Beaucoup de nos parents préfèrent fermer les yeux sur ce genre de comportements...
Et l'alcool fait partie de ces drogues! Les tunisiens boivent beaucoup trop, et de plus en plus tôt. Non seulement il est très facile de se procurer de l'alcool en Tunisie, mais en plus il est consommé de manière excessive. Les appéritifs se transforment toujours en "balaa" en Tunisie, et ce sont les alcools les plus forts (vodka, whisky, etc..) qui sont les plus prisés. Beaucoup de mes connaissances ont développé une sorte de "résistance" face à l'alcool, ce qui les poussent à augmenter toujours les quantités consommées afin sentir l'effet ennivrant de l'alcool. Un copain m'a une fois fierment avoué qu'un soir, alors qu'il était réuni avec ses potes et qu'ils n'avaient pas d'alcool pour la soirée, ils ont décidé de "fabriquer" leur propre liquide! Par quelle recette magique? En allant acheter deux petites bouteilles d'alcool 90° à la pharmacie de nuit, qu'ils ont tout simplement mélangé avec du jus et du sucre pour un meilleur goût...
Mais il y a aussi les médicamments utilisés comme stupéfiants, et ca on en parle encore moins. "Artane", "Kivotril", "Subutex", etc...sont des médicamments qui ont été cités par le quart des jeunes questionnés par l'enquête. Certaines personnes peuvent passer de nombreux mois (ou années) dans une sorte d'état euphorique, en prenant des pillules contre la depression qu'elles mélangent à l'alcool pour avoir plus d'effets. Et là, ce sont nos médecins et nos pharmaciens qui doivent être responsabilsés sur ce problème. En effet, certains medecins continuent à délivrer les ordonances à la demande, alors que d'autres pharmaciens n'ont pas de problème à vendre ces médicamments sans authorisation préalable de médecins (moyennant biensûr un prix plus élevé)